La rencontre
Juin 2025.
Au milieu des messages quotidiens, un mail attire l’attention. Le ton est posé, précis, sans artifice. On y lit l’envie de faire les choses correctement, dans le bon ordre. D’abord le projet. Ensuite seulement le matériel.
Thomas écrit depuis l’Isère. Il parle de vélo, de temps long, d’un défi qu’il prépare depuis des mois. Il parle aussi de méthode, de retour d’expérience, d’usage réel. Rien n’est surjoué. Rien n’est promis, sinon l’engagement de vivre l’aventure jusqu’au bout et d’en témoigner avec honnêteté.
Ce sont souvent ces échanges-là qui résonnent chez Ratio.
Quand la rencontre se fait autour d’une même manière d’envisager la pratique : exigeante, discrète, ancrée dans le réel.

Un destin ordinaire, une exigence singulière
Thomas Carpentier a 41 ans.
Il est père de deux enfants, responsable qualité en informatique, et cycliste depuis toujours.
Il ne cherche ni le statut, ni la reconnaissance. Son terrain de jeu, c’est l’ultra-distance, abordée comme une exploration personnelle plus que comme une compétition. Depuis 2022, il s’engage sur des formats longs, exigeants, qui obligent à ralentir, à réfléchir, à se confronter à soi-même.
– Race Across France.
– Race Across Paris.
– Et cette année, un tour complet autour du massif du Mont Blanc.
Ce qui distingue Thomas n’est pas la performance brute, mais la façon dont il prépare ses défis. Entraînement structuré, accompagnement par un coach, attention portée aux détails, capacité à analyser chaque sortie. Une approche presque artisanale de l’effort, patiente et méthodique.
Le Mont Blanc comme horizon circulaire
Faire le tour du Mont Blanc, ce n’est pas seulement accumuler des kilomètres et du dénivelé.
C’est accepter une forme de voyage fermé, une boucle sans échappatoire, où chaque col franchi rapproche autant de l’arrivée que du point de départ.
La version route impose ses propres règles : de longues ascensions exposées, des descentes rapides, une chaleur parfois écrasante, et des portions de route partagées avec un trafic dense. Le décor est grandiose mais le paysage se mérite.
Depuis décembre, Thomas se prépare à cette confrontation.
Des mois d’entraînement, des milliers de kilomètres, des heures passées à ajuster le corps et l’esprit. Non pas pour dominer le parcours, mais pour être prêt à encaisser ce qu’il aura à offrir.

Faire le tour pour mieux se retrouver
Le 4 juillet, le départ se fait avant l’aube.
Les premières heures sont presque silencieuses. Le corps avance encore frais, l’esprit clair. Mais rapidement, la montagne impose son rythme.
Les cols s’enchaînent. Les pourcentages s’accumulent. La chaleur monte.
Chaque montée entame un peu plus les réserves, chaque descente offre un répit trop court pour vraiment récupérer.
La fatigue ne s’installe pas d’un coup. Elle progresse lentement, insidieuse. Le manque de sommeil se fait sentir et les nuits en bivy n’aident pas à retrouver son plein potentiel. Les pauses s’allongent… Certaines décisions doivent être prises sur le moment, parfois en plein milieu de la nuit noire : s’arrêter, repartir, attendre encore un peu.
Il y a des moments de doute.
Des instants où l’on se demande si l’on va continuer, et surtout comment.
Puis il y a les paysages, immenses, presque apaisants. Les détours imprévus. Les rencontres fugaces. Tout ce qui, sans prévenir, redonne de l’élan.
L’ultra-distance ne récompense pas l’excès. Elle oblige à l’écoute. À accepter que tout ne se passe pas comme prévu.

Quand le matériel se fait oublier
Dans ce type d’aventure, l’équipement n’est jamais le héros. Il est là pour accompagner, jour après jour, sans attirer l’attention.
Notre sacoche de guidon Rollmop a suivi Thomas tout au long du parcours, silencieuse et fiable, offrant juste ce qu’il faut de volume pour garder l’essentiel à portée de main.
Quand tout va bien, on l’oublie presque. Et c’est précisément ce qu’on attend d’un compagnon d’effort : être utile sans jamais se substituer à l’expérience.
Le récit de Thomas ne s’attarde pas sur le matériel. Il le mentionne comme on décrit une évidence : quelque chose qui encaisse, qui suit le mouvement.

Revenir différent, revenir entier
Dix jours plus tard, le temps est venu de faire le point et vous pouvez retrouver l’intégralité de son récit sur ce lien : https://echappee-de-thomas.kessel.media/
Thomas relit son aventure avec lucidité. Il parle de ce qu’il a appris, de ce qu’il améliorerait, de l’importance du sommeil, de la gestion de l’énergie, de la nécessité de rester humble face à la distance.
Il ne parle pas de victoire.
Il parle d’expérience, de compréhension, de respect du parcours.

A la croisée des valeurs
Chez Ratio, nous croyons que ces récits méritent d’être partagés.
Non pas parce qu’ils sont extraordinaires, mais parce qu’ils sont sincères. Parce qu’ils montrent une autre manière de pratiquer le vélo : engagée, réfléchie, sans mise en scène inutile.
Cette Story est celle de Thomas.
Mais elle parle à tous ceux qui voient le vélo comme un espace de liberté exigeant, un terrain d’exploration personnelle, et un moyen de se confronter au réel – simplement, honnêtement, durablement.


